Ensemble pastoral de l'Ile de Ré

Presbytère: 21, cours Dechézeaux
Secrétariat: 19, cours Dechézeaux
17410 Saint-Martin de Ré

Mardi, jeudi et vendredi - 14h à 17h

Tél.: 05 46 09 20 09

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Eglise ouverte

La Flotte en Ré, église Sainte-Catherine d'Alexandrie.

D'après la légende, l’église fut d'abord une simple chapelle des Seigneurs de Mauléon dont le château se trouvait à une centaine de mètres vers le nord et qu'elle existait dès le XIIe siècle. Il est vraisemblable que la base du clocher et les deux travées adjacentes datent à peu près de cette époque. Mais il y avait peu d'habitants à ce moment-là et les moines de l'abbaye cistercienne de Saint-Laurent à deux kilomètres à l'est et ceux de Saint-Martin à trois kilomètres à l'ouest suffisaient aux besoins religieux de la population.

Mais au cours des guerres, en particulier de la guerre de Cent Ans (1340-1453), le bourg de La Flotte fut pillé à plusieurs reprises ainsi que l'abbaye de Saint-Laurent. Il est probable que l'église eut à en souffrir; en tout cas, dès la période gothique, elle fut agrandie, peut-être à plusieurs reprises, le portail du mur du midi date de la seconde moitié du XVe siècle, mais il est extrêmement difficile de connaitre au juste la disposition des bâtiments à cette époque, car ils ont eu beaucoup à souffrir depuis. L'existence de l'église est prouvée en 1402, car elle est citée dans un "pouillé" dit "pancarte de Rochechoirt".

En effet, pendant la période des guerres de religion (1560-1595), l'île de Ré fut au centre des conflits et dominées tantôt par les protestants et tantôt par les catholiques. Les premiers dévastèrent systématiquement les églises et les seconds les temples des réformés.

L'église de La Flotte le fut en 1575, puis relevée par les habitants qui obtinrent en 1598, quand Henri IV eut ramené la paix religieuse, qu'elle fût transformée en paroisse; jusque-là elle n'était qu'une fillette de la paroisse de Saint-Martin, dont le curé fit tout ce qu'il put pour retarder cette cession de paroissiens… et de dîme.
A la faveur des guerres qui continuèrent dans la région, siège de La Rochelle en 1622 et l'occupation prolongée de l'île par les protestants, la paroisse, sous le vocable de Sainte-Catherine d'Alexandrie, ne fut effectivement séparée de Saint-Martin qu'en 1640.
Mais il est probable que les bâtiments avaient eu dans l'intervalle pas mal à souffrir de l'invasion des Anglais dans l'île de Ré (juillet/novembre 1727) car on trouve trace de réparations et du baptême d'une cloche en 1632.

Cependant, les voûtes gothiques et toutes statues avaient disparu sous le marteau des réformés.
La population augmentant, l'église fut agrandie en 1741. Trois chapellenies dépendaient alors de la paroisse de La Flotte, mais le monastère de Saint-Laurent des Châtelliers était définitivement en ruine depuis 1620 environs.

La Révolution française (1789-1793) s'empare des ornements et du mobilier, mais ne touche pas aux bâtiments qui seront rendus au culte catholique un peu avant le Concordat de 1801.

La façade d'entrée, à l'ouest, date de la Restauration (1815-1824).
L'horloge a été mise dans le clocher vers 1840. L'abside est de réfection assez récente.
Le mur du midi, outre son joli portail du XVe siècle avec son dallage primitif de lauzes, montre intérieurement une petite niche en pierres de même époque et extérieurement traces d'arcs-boutants disparus.
En tout cas, le plan, très irrégulier, le manque d'alignement et la longueur disparate des nefs, la forme quasi ogivale de la toiture, montre à l'évidence plusieurs remaniements.
La toiture a été refaite plus basse que primitivement avant la disparition des voûtes gothiques.

Les vitraux datent de 1876-1878 (classés monuments historiques).
Sculptures: trois culots d'ogives, sous le clocher et dans la nef (du XVe siècle), sont sculptés d'angelots et de têtes.
Plusieurs tableaux antérieurs à 1800 sont exposés au fond de l'église. Un Jésus Amabilis et un Ecce Homo, dont l'un est classé monument Hhistorique, a été offert par le négociant Goguet en 1765 (marquage au dos), et un grand tableau traitant de la multiplication des pains daté du XVIIIe siècle
Le tabernacle à ailes du maître autel date de 1683, un tombeau en dessous serait plus ancien.
Les décorations murales furent offertes par le commissaire de la Marine Benjamen Girard en 1895 (c'est par erreur qu'il est indiqué 1893 sur le tambour d'entrée de l'église).
Quelques ex-voto du XVIIIe siècle témoignent de la ferveur populaire et de ses traditions maritimes: deux maquettes de goélettes et le tableau de la « Marie Thérèse » (ex-voto du 4 avril 1753, offert par le, capitaine Louis HOUIN de La Flotte pour avoir été sauvé d'un naufrage lors d'un retour de Louisbourg (Acadie).
La décoration intérieure des murs (une inscription figurant derrière. Le maître autel permet d'en préciser l'ancienneté: An du Seigneur 1893, don de monsieur GIRARD), comme la chaire, le chemin de croix et les vitraux, datent de la fin du XIXe siècle et témoignent du style et des goûts alors en faveur.
Leur restauration très récente, financée par la commune de La Flotte, semble particulièrement réussie.
Il y a aussi traces de pierres tombales dans l'allée du midi et les registres paroissiaux, conservés à la mairie, signalent au XVIIe siècle de fréquentes inhumations de notables à l'intérieur de l'église ou de clercs aux pieds du maître autel. De plus, il est fort probable qu'autrefois le cimetière paroissial avoisinait l'église; il n'en reste plus trace et l'actuel cimetière de La Flotte ne date que de Louis-Philippe.

La cloche «Armand Jean" , en place depuis 323 ans dans le clocher, en a été descendue le 24 août 1955, en raison du danger que représentait l'usure des anneaux de soutien ! Ainsi que d'un son fêlé, dû à la cassure d'un gros  éclat à la base de la couronne.
Elle fut remplacée par trois cloches neuves: « Catherine », « Jeanne » et « Thérèse » fondues à Annecy; leur baptême fut célébré le 28 août 1955 par monseigneur Cauneau, vicaire général de La Rochelle et ancien curé de La Flotte (1925-1928).
La cloche « Armand Jean » depuis cette date : repose sur un socle à l'entrée de la nef latérale du midi.
Elle porte les inscriptions gravées suivantes: « En l'année 1632 j'ai été faicte pour servir à Dieu en l'église Ste.Catherine de La Flotte par René de Mondion, escuyer, seigneur de La Presle et de Ripardon, gentilhomme servant du Roy, commandant de la citadelle de La Prée en ladite île de Ré pour le service de Sa
Majesté, et dame Vergnault, veuve de l'honorable homme Pierre Baudin. M(essire) Gabriel Grolleau pour lors curé du dit lieut. Georges Veillon, François Boursault, Daniel Gaigneur, Pierre Rousseau fabriqueurs et le sieur Daniel Devallant lieutenant politique ». ( AH-MB-DG)
Elle présente en outre, une gravure probable de Sainte-Catherine ainsi que l'écu royal aux trois fleurs de lys et les armoiries du cardinal Armand Jean du Plessis, duc de Richelieu: d'argent à trois chevrons de gueules, avec ancre marine, l'insigne du grand maître de la navigation qu'était le cardinal Richelieu.
On peut donc en conclure sans gros risque d'erreur que le cardinal, en 1628 ou 1629, aurait donné une certaine somme d'argent pour la réparation des églises de l'île de Ré, dévastées par les huguenots et les Anglais.
Une partie de cet argent aurait servi à fondre une cloche qui aurait été baptisée « ARMAND JEAN » en l'honneur du cardinal.et que celui-ci se serait fait représenté au baptême en tant que parrain par le gouverneur de la citadelle de La Prée.