Lexique
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LE MAITRE MICHEL GENTY

 

EVOQUE

LE SYMBOLISME CHRETIEN

DANS LA PEINTURE ABSTRAITE


LES ORIGINES DE L’ABSTRACTION

Des motifs de décoration non figuratifs sont utilisés depuis la nuit des temps et, après les «Nymphéas» de Claude Monet, l’invention de l’abstraction en peinture eut lieu dans le courant du XXe siècle. À la différence des représentations figuratives, les peintures abstraites sont les visions personnelles que chaque artiste détermine selon sa  propre culture. À partir de 1911, des artistes comme Vassily Kandinsky, Kasimir Malevitch et Piet Mondrian passèrent à l’abstraction. Passionnés par la musique, la science et le spirituel ou ésotérisme, ces créateurs proposèrent une forme de peinture en adéquation avec cette nouvelle conception et ouvrirent le chemin de l’abstraction pure.

LE SYMBOLISME DES COULEURS

Le Noir est l’absence de toute lumière et de toute couleur, le Blanc la lumière totale et les couleurs de l’arc-en-ciel. Les trois couleurs primitives pigmentaires sont le bleu, le rouge et le jaune et les trois couleurs dérivées, le vert (bleu + jaune), le violet (bleu + rouge) et l’orange (rouge + jaune). Le cycle du jour et de la nuit, lié au soleil, rythme notre vie et joue un rôle important dans la symbolique des couleurs.

La couleur de l’azur est le bleu, donc du paradis. Il symbolise la vérité et la sagesse divine. Kandinsky a écrit que le bleu attire l’homme vers l’infini. Le voile de Marie est de cette couleur dans les représentations picturales de l’Assomption. Au bleu d’azur diurne succède le bleu foncé nocturne tirant vers le noir. Cette tonalité froide incite à la méditation et au repos orienté vers Dieu avant l’apparition de l’or du soleil dans l’azur, comme sur le blason de la maison de France où sur le bleu céleste trois fleurs de lys d’or représentent la pureté divine. En Occident, le bleu est signe de chance.

Couleur de la nature au printemps, le vert est associé à l’eau. Il correspond à la croissance, à la jeunesse et à l’expérience. C’est une couleur féminine, tiède et accueillante, qui génère la connaissance et la justice. Dans le christianisme, le vert symbolise la régénération de l’âme, la charité et la sagesse. C’est la couleur de la Vierge et de L’Enfant Jésus et du Christ après sa crucifixion. Saint-Jean évoque dans l’Apocalypse la vision de Dieu : «un arc-en-ciel autour du trône est comme une vision d’émeraude». Le Graal du cycle arthurien est un vase d’émeraude ou de cristal vert qui contient le sang de Dieu. Le vert est la manifestation de l’Amour et de la Sagesse divine dans la création, origine de la vie, en régénérant la nature et le spirituel avec l’espérance de l’immortalité.

Le jaune est la couleur du soleil, de la lumière, de l’or et sa vertu est magique. Il symbolise la Jeunesse, la Force, et la Richesse, donc la noblesse et le pouvoir. C’est la couleur de Dieu (on ne peut regarder le soleil) et de l’immortalité. Pour les chrétiens, le jaune est couleur d’éternité et l’or est son métal. Dans le drapeau du Vatican, le jaune se retrouve avec l’or du ciboire et la croix de la chasuble. Il annonce l’automne et dessèche comme l’or qui entraîne envie et jouissance. Le jaune signifie aussi la trahison et Judas est représenté dans l’iconographie avec une robe jaune. En 1215, le Concile de Latran imposa aux Juifs une rouelle jaune sur leur vêtement, origine de ce sinistre étoile jaune. A la fin du Moyen-âge, le jaune est lié au désordre et à la folie. La couleur est associée à Lucifer, au soufre, et aux traîtres. Elle signifie trahison, hypocrisie et avarice. Le jaune et l’or, métal le plus pur connu depuis l’antiquité, sont indissociables. L’or est précieux et il a l’éclat de la lumière et du soleil, donc de Dieu. Au Moyen-âge, la recherche alchimique visait la transmutation des métaux en or.

L’orange est l’équilibre entre la raison et la tempérance. Si le jaune devient dominant, c’est la révélation de l’amour divin. Cette conception se rattache à la croix orangée des chevaliers du Saint- Esprit. Le voile des fiancés, le «flammuneum», est «l’emblème de la perpétuité du mariage». L’orange symbolise la fidélité et l’union de l’homme à Dieu «symbole des noces mystiques».

Le rouge, couleur du feu et du sang, est un symbole fondamental de vie avec sa force, son éclat et sa puissance. Le rouge, attribut de Mars, dieu de la guerre, est une couleur masculine brûlante et violente. Le manteau des centurions, comme celui de Saint Martin, était rouge. Au Moyen-âge et comme les prêtres, le Christ fût souvent représenté vêtu de rouge. Aujourd’hui, les cardinaux ont une ceinture rouge et portent la «capa magna» dans les grandes cérémonies. Pour l’Église catholique, le rouge est  couleur de l’Esprit, «à cause des flammes de la Pentecôte». Le rouge éclatant est diurne, mâle, tonique et incite à l’action. Le rouge sombre est nocturne, femelle et secret. Pour les alchimistes, la régénération, «l’œuvre rouge», produit l’homme universel. C’est la couleur de la science et de la connaissance ésotérique.

Le violet est la couleur de la tempérance. Mélange de bleu et de rouge, il associe action réfléchie et lucidité, équilibre entre le ciel et la terre, le sens et l’esprit, la passion et l’intelligence, l’amour et la sagesse. C’est une couleur d’apaisement comme celle de la robe des évêques qui doivent tempérer les passions de leur troupeau. C’est la couleur du secret, elle correspond à l’involution : passage de la vie à la mort, par opposition au vert qui est l’évolution. La robe du Christ est violette pendant la Passion et les vêtements liturgiques sont violets pour les enterrements. Associé aux martyrs, le violet est la couleur du deuil et du demi-deuil. C’est aussi la couleur de l’obéissance et de la soumission et la bague de l’évêque est une améthyste. Au violet est attaché une connotation de tristesse et de mélancolie.

Le blanc est dans l’atmosphère la somme des couleurs, car son irisation donne l’arc-en-ciel. Il est diurne, mais c’est une couleur de passage. Le blanc du matin monte de la matité à la brillance, le blanc du soir descend de la brillance à la matité. Les deux sont «suspendus entre absence et présence, entre lune et soleil, entre les deux faces du sacré». Toute naissance est donc renaissance : c’est le cycle nycthéméral de la vie. C’est la couleur de la pureté, de la virginité et de l’innocence. Les religieuses novices sont habillées en blanc et cette notion de passage et d’au-delà conduit les prêtres à se vêtir de blanc comme le pape. La Vierge de l’Immaculée Conception est vêtue de blanc comme Jésus apparaît aux disciples. Le blanc représente aussi la sagesse et s’identifie avec la lumière intérieure.

LE SPIRITUEL DANS L’ART CONTEMPORAIN

Aujourd’hui, il est difficile de parler d’un «art chrétien» ou même d’un art inspiré par une vision chrétienne de l’existence. Le «spirituel» dans l’art est-il autre chose qu’une expérience esthétique ? Depuis un siècle, l’art s’éloigne de la représentation de l’objet et de son langage de lecture. L’œuvre d’art vit de ses capacités plastiques propres et n’a plus la fonction principale d’apporter un enseignement. Il s’écarte des voies classiques de la représentation en étant plus autonome, ce qui n’empêche pas de transmettre un message à travers le symbolisme des couleurs et formes.

À notre époque, les artistes qui apportent un symbolisme chrétien à leurs créations sont très rares. Ils doivent travailler, entre abstraction et figuration, en ayant toujours à l’esprit la continuité de la tradition classique à travers une nouvelle vision qui demande des clefs de lecture plus spirituelles.

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Michel GENTY
À consulter :
http://pagesperso-orange.fr/genty.jordan
http://11alaric19.ifrance.com

Le symbolisme chrétien de J. PEYRESBLANQUES

Photographies (MG) :

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